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La délégation de l'APLV était constituée de :
1 : Note en date du 31 mai 2000 : les signatures recueillies ces derniers jours portent ce chiffre à 5.000 environ.- Christian Puren, Président de l'APLV ; - Marie-Jeanne Verny, réprésentant la FELCO (Fédération des Enseignants de Langue et Culture Occi-tane), association adhérente à l'APLV ; - Jean-Michel Hannequart, membre du Bureau de l'ADEAF (Association pour le Développement de l'Enseignement de l'Allemand en France), association adhérente à l'APLV. L'entrevue avait été demandée par l'APLV avec deux objectifs :
Intervention de Christian Puren (relayé à certains moments - non précisés ici - par Marie-Jeanne Verny et Jean-Michel Hannequart) Ch. Puren remet à André Hussenet la chemise contenant les 4.500 signatures recueillies par la " Motion nationale " de son association1 , et en résume le contenu. Il signale que pour corriger un oubli de l'APLV, doit y être ajoutée la mention " langues régionales " à côté de celle des " langues étrangères ". Ch. Puren précise la " philosophie " de l'APLV dans cette affaire de la " Réforme des lycées " : cette association se veut une instance collective de réflexion et de proposition pour le développement et l'amélioration de l'enseignement des langues, et elle est favorable à toutes les réformes allant en ce sens, comme celles qui peuvent favoriser une meilleure motivation des élèves, une diversification des fonctions remplies par les enseignants face aux élèves, une plus grande individualisation des apprentissages, ou encore une instrumentalisation des langues tant étrangères que régionales au service d'autres disciplines scolaires. À ce titre, l'APLV ne peut qu'être favorable à l'instauration des heures de modules, à l'intervention des assistants, à l'aide individualisée et aux travaux personnels encadrés ; favorable enfin aux classes européennes et aux sections de langues régionales (ces dernières créées par la circulaire Darcos 95-086 du 07/04/1995), sur lesquelles beaucoup de recteurs mon-trent peu d'empressement, voir font de l'obstruction. Mais toutes ces réformes ne peuvent être efficaces que si elles sont réalisées dans des conditions satisfaisantes. Ce qui implique au moins deux conditions. La première est que des moyens supplémentaires significatifs soient dégagés (en particulier pour les heures de concertation entre enseignants). La seconde est qu'un horaire collectif minimal soit maintenu, qui ne peut descendre sans graves conséquences prévisibles, pour toutes les années et pour toutes les filières, en deçà d'un seuil - déjà bien faible - de trois heures hebdomadaires. C'est pourquoi l'APLV demande par exemple que dans les filières et pour les années où la Réforme des lycées avait fait passer l'horaire de 3 heures hebdomadaires en grand groupe à 2 heures hebdomadaires en grand groupe et une heure tous les 15 jours en demi-groupes, on en revienne immédiatement au dispositif antérieur. L'annonce du retour à trois heures hebdomadaires pour la LV1 en classe terminale ne peut que satisfaire l'APLV, bien entendu, mais c'est à l'ensemble des horaires précédents que l'on doit revenir dans les langues, discipline qui a payé le plus lourd tribut à la dernière Réforme des lycées. En ce qui concerne la diversification des langues enseignées, l'APLV ne peut que se réjouir vivement de l'annonce du rétablissement des deux options facultatives au Baccalauréat, ainsi que de la signature, par le Ministre, du CLES (diplôme de " Compétence en Langue dans l'Enseignement Supérieur ")2 , dont l'un des objectifs affichés est d'inciter tous les étudiants de toutes les universités à poursuivre l'apprentissage et l'usage de deux langues au cours de leurs études supérieures : il serait logique, par conséquent, que la poursuite de l'apprentissage de la seconde langue soit obligatoire dans les classes de première et terminale de la filière S, et que l'évaluation de ce cursus se fasse au baccalauréat. Par contre, l'APLV constate avec inquiétude que le choix de langues tend à se réduire de plus en plus au couple anglais LV1 / espagnol LV2, la désaffection vis-à-vis des autres langues ayant pour conséquence des suppres-sions de sections et donc une diminution de l'offre qui renforce cette désaffection. Cette évolution est d'autant plus critiquable que la France est en Europe l'un des pays où les potentialités naturelles de diversification sont les plus fortes, en raison de la diversité des langues régionales et des langues de l'immigration présentes sur son sol. Pour échapper à l'actuelle spirale négative, il est indispensable et urgent d'engager une politique volontariste et incitative. On n'en est souvent loin sur le terrain, et l'APLV dénonce la politique très restrictive de certains recteurs, qui ont élevé le seuil de fermeture/ouverture des classes de langues à 15 élèves. Comme annoncé dans la motion nationale, elle demande qu'un véritable débat soit organisé au niveau national sur la politique linguistique de notre pays. Le choix des langues, en effet, est tout autant un problème de parents d'élèves qu'un problème de citoyens, et sur ce point il est temps que les actes de l'Éducation nationale se mettent en adéquation avec la volonté affichée de notre pays dans les instances européennes. Le premières déclarations du Ministre de l'Éducation nationale nous paraissent encourageantes3 , mais l'APLV attend avec d'autant plus d'impatience que les très bonnes intentions annoncées soient très rapidement suivies de décisions fortes et concrètes. L'une de ces décisions à prendre urgemment consiste, au moins dans une période transitoire, à laisser aux pa-rents la possibilité de modifier le choix de la langue vivante à l'entrée au collège, dans les cas, malheureusement fréquent , où le choix n'a pas été possible en CE ou CM parce que l'anglais seul y était proposé. Intervention d'André Hussenet André Hussenet confirme les propos du Ministre rapportés dans la Presse : il est non seulement très favorable aux langues vivantes et à leur diversification, mais compte en faire une orientation prioritaire de son ministère. Trois exemples en sont donnés : a) Le rétablissement de la seconde option facultative au baccalauréat, déjà cité plus haut dans l'intervention de Ch. Puren. b) Un inspecteur général d'allemand, M. Goullier, vient d'être chargé par le Cabinet de rédiger rapidement un "plan pour l'enseignement des langues" dont pourrait s'inspirer le Ministère pour élaborer une politique qu'A. Hussenet annonce comme "offensive". c) La diversification des langues sera visée non seulement pour les LV2 ou LV3, mais aussi pour la LV1, et les classes européennes seront fortement encouragées. Pour favoriser le recrutement de ces classes, d'ailleurs, le ministère réfléchit à l'introduction d'une épreuve de langue vivante " avec un coefficient sérieux " pour tous les CAPES. Un certain nombre d'informations sont ensuite données par André Hussenet, pour la plupart déjà connues (mais il n'est pas inutile qu'elles soient ainsi confirmées dans le cadre d'un contact personnel entre un responsable du ministère et des représentants d'associations) : 1) Mis à part le rétablissement des 3 heures de LV1 en classe terminale de la série L, le ministère considère qu'il est trop tard pour revenir aux autres réductions d'horaires, " le budget étant déjà bouclé ". 2) L'aide individualisée et les TPE, introduits par la Réforme des lycées, sont maintenus4 . Le ministère est conscient de la nécessité d'une formation des enseignants à ces nouvelles formes d'intervention auprès des élèves, et il travaille sur les modes d'évaluation de ces TPE. Ceux-ci seront mis en œuvre en classe de première dès l'année prochaine, et ils apparaîtront par conséquent évalués dans les bulletins des candidats au baccalauréat de la session 2003. 3) Il n'y aura pas de réforme du baccalauréat avant la session 2003, mais le ministère est à ce sujet (pour repren-dre textuellement l'expression utilisé par notre interlocuteur), " dans une position d'évolution ". 4) Aucune modification des concours de recrutement n'interviendra en 2001, et l'organisation de la formation des enseignants fera l'objet d'une concertation5. Fait à Paris, le 20 mai 2000 Les réactions de l'Assemblée Générale de l'APLV (Lille, 27-28 mai 2000) à cette entrevue sont publiées ci après dans l'article de Pierre Frath. Christian Puren Président de l'APLV 2 : Consulter sur ce point la page http://www.education.gouv.fr/discours/2000/langues.htm. 3 : Consulter le "Point de Presse" du Ministre en date du 27 avril à l'adresse http://www.education.gouv.fr/discours/2000/lycee270400.htm. 4 : Voir à ce sujet, par ailleurs, le journal Le Monde du 28 avril 2000, p. 12. 5 : Cette information confirme les informations précédemment données par voie de Presse ou sur le site ministériel : voir la page http://www.education.gouv.fr/discours/2000/renovati.htm. |