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Cette année, c'est donc la régionale de Lille qui a (remarquablement bien) accueilli la traditionnelle AG de l'APLV, qui s'est tenue à Villeneuve-d'Ascq, au Forum des Sciences. Une quarantaine de personne était présentes, ce qui est plus qu'à Paris l'an passé. Mais pour autant, il ne faut pas croire que nous remontons la pente : j'ai vu très peu de jeunes collègues, peut-être trois ou quatre de moins de quarante ans, et aucun de moins de trente. Dans dix ans l'APLV aura disparu faute de combattants. Il est à craindre que la vieille idée qu'il est possible de faire avancer les choses en se regroupant et en réfléchissant soit en voie de momification rapide.
La première matinée a été consacrée à la présentation des rapports statutaires. Le rapport de la trésorière (Hélène Ladevie) a montré que les finances sont équilibrées, sans être vraiment enthousiasmantes. Le rédacteur en chef des Langues modernes (Pierre Frath) a ensuite demandé à l'AG de proposer des thèmes pour les numéros de 2001 et au-delà. Ont été suggérés un numéro sur les activités périscolaires (visites de musées, voyages scolaires, correspondances de classe, etc.), et un numéro sur les TPE en 2003, quand on y verra un peu plus clair sur cette question. Enfin, le secrétaire général (Sylvestre Vanuxem) a informé l'assemblée des multiples activités de notre association (voir la liste dans ce numéro du Bulletin). L'après-midi a été consacrée au thème du jour : Le point sur la réforme de l'enseignement. Ci-dessous un texte de notre président (Christian Puren), qui résume la position de l'APLV sur cette question. 1) L'APLV prend acte avec satisfaction des déclarations publiques du nouveau Ministre, qui se déclare convaincu de l'importance des langues et affirme vouloir développer tout autant leur enseignement que leur diversification, ainsi que des quelques annonces de décisions concrètes allant dans le même sens : retour aux 3 heures de LV1 en terminale L, rétablissement des deux options facultatives au baccalauréat, publication rapide de l'Arrêté portant création du CLES avec une déclaration sur la nécessaire poursuite de l'apprentissage de deux langues par tous les étudiants à l'Université. 2) L'APLV, par contre, ne peut accepter le maintien, pour l'année scolaire prochaine 1999-2000, des graves réductions horaires entraînées par la mise en œuvre de la " Réforme des lycées ". Elle demande instamment le retour immédiat à un minimum de trois heures de travail commun classe entière-enseignant dans toutes les classes de toutes les filières, tout en soulignant que cette demande de retour au statu quo ante ne vaut pas acceptation de celui-ci : si l'on veut véritablement se donner les moyens d'un apprentissage efficace des langues par tous les élèves, c'est un plan progressif vers un objectif de 5 heures hebdomadaires par groupes de 15 élèves que l'on doit mettre en place. 3) Consciente de l'intérêt qu'ils présentent pour les élèves, l'APLV est ouverte aux dispositifs autres que l'enseignement en classe entière : modules, demi-groupes, heures avec l'assistant, aide individualisée, TPE… Elle rappelle, cependant : a) que ces dispositifs ne peuvent être efficaces que si toutes les conditions sont réunies pour leur bon fonctionnement, ce qui implique des moyens supplémentaires ; b) que ces dispositifs ne peuvent venir en substitution des heures de travail de l'enseignant avec l'ensemble de sa classe, ces heures communes étant indispensables à la progression et au suivi collectifs. 4) L'APLV s'inquiète des annonces concernant le report de la réforme du baccalauréat et de la formation des enseignants, qui peuvent laisser présager que, sur tous les sujets " qui fâchent ", le ministère serait tenté par un attentisme prudent. Si l'APLV estime nécessaire que les réformes se fassent avec toutes les précautions, garanties et moyens requis, elle ne les estime pas moins indispensables. 5) En ce qui concerne la diversification des langues, tant étrangères que régionales, l'APLV ne peut non plus se satisfaire de simples déclarations d'intention, et tous ses adhérents, comme l'ensemble des enseignants de langues, attendent du ministère des décisions rapides et volontaristes qui soient à la mesure de l'urgence et de la gravité de la situation. Le dimanche matin a commencé par les commissions par langues, suivies du rapport du président. Nous avons ensuite discuté d'un certain nombre de problèmes, dont notamment celui de la diversification souhaitable des langues, et des moyens de la promouvoir. Ce sera difficile, car il n'y a dans ce pays aucune réflexion politique sur la nécessité de la diversification. Tout le monde (parents d'élèves, politiques, chefs d'entreprise, et.) semble avoir accepté l'inéluctabilité de l'anglais comme première langue et de l'espagnol comme seconde langue (sauf dans des régions comme la nôtre, où l'allemand possède un poids historique). Bernadette Grandcolas, ancienne rédactrice en chef des Langues modernes, ancien membre du comité de lecture (c'est elle qui rédige la rubrique des livres reçus depuis de nombreuses années) a été nommée membre d'honneur de l'APLV. Nous l'en félicitons chaudement. L'AG s'est terminée par le vote des rapports (adoptés à l'unanimité) et le renouvellement du bureau (57 votants). Je profite de l'occasion pour faire mes adieux de rédacteur en chef aux lecteurs du Bulletin, que j'ai eu le plaisir de faire paraître deux fois par an depuis 1992. En effet, Alain Verreman a accepté de prendre le relais, et je l'en remercie. Je lui souhaite beaucoup de succès dans cette entreprise. Pierre Frath |